Les bonnes pratiques en rando pour respecter la nature
Un sac à dos, de bonnes chaussures et la nature pour terrain de jeu : la randonnée a tout bon. On vous glisse quelques réflexes en plus pour en faire une vraie randonnée éco-responsable, sans rien enlever au plaisir de la balade. 10 conseils concrets pour savoir comment protéger la nature sans se forcer.
Suivre le balisage randonnée, la base pour préserver les sentiers

Un sentier balisé vous facilite la vie : suivez-le, et vous abîmerez le moins possible ce qui pousse autour. Quelques réflexes tout simples :
- On reste sur le chemin, même pour éviter une flaque : la contourner élargit le passage petit à petit, et finit par abîmer le terrain et tuer la biodiversité.
- On oublie les raccourcis, jamais bons pour le sol ni pour la flore fragile.
- On referme les barrières et clôtures derrière soi, notamment en zone d'alpage : un geste simple envers les agriculteurs et forestiers qui partagent ces espaces.
Pour partir sur un parcours vérifié, direction l'appli MaRando® : près de 10 000 itinéraires recensés. La randonnée hors des sentiers, c’est un grand non. Le balisage en randonnée reste votre meilleur allié.
Ne rien laisser derrière soi : repartir avec tous ses déchets, jusqu'au dernier trognon de pomme

Le mégot, l'emballage ou la canette, personne n'a de mal à les identifier comme déchets. C'est plutôt le trognon de pomme ou la peau de banane qui piègent : on les croit inoffensifs, presque un cadeau pour la montagne. En réalité :
- En altitude, il leur faut jusqu'à 2 ans pour disparaître complètement.
- En attendant, ils attirent la faune sauvage vers les sentiers, ce qui n'est bon ni pour elle ni pour vous.
Le réflexe le plus simple reste le meilleur : un petit sac dédié dans le sac à dos, et tout repart avec vous, épluchures comprises.
Ne pas cueillir, ne pas prélever : protéger la biodiversité sans même y penser

Une fleur qu'on cueille, un caillou, un fossile ou un bout de bois flotté qu'on glisse dans la poche : chaque geste pris isolément semble minuscule. Mais multiplié par le nombre de randonneurs qui passent au même endroit, le prélèvement devient un vrai vide sur le terrain. Même logique pour les cairns qu'on empile "pour la photo". Ils brouillent les vrais repères de balisage, et chaque pierre soulevée détruit l'abri d'un insecte ou d'un petit reptile qui vivait dessous.
Comment protéger la biodiversité sans effort particulier ? On touche avec les yeux. La montagne garde ses trésors bien à leur place et le prochain randonneur profitera du même spectacle que vous. Protéger la nature, finalement, tient souvent à ce genre de gestes tout simples : ne rien changer à ce qu'on trouve.
Garder ses distances avec la faune

On sait, une marmotte qui pointe son nez hors du terrier, c'est irrésistible. Et croiser un isard "en vrai" l’est tout autant. Mais la tentation de s'approcher, ou pire, de nourrir, se paie cher pour l'animal.
- Pain, biscuits, restes de sandwich : ces aliments perturbent leur digestion et peuvent causer de vraies maladies. Une marmotte mal nourrie arrive à l'hiver avec un pelage fragilisé et une réserve de graisse insuffisante pour tenir le froid.
- Nourris, les animaux perdent aussi leur méfiance naturelle envers l'humain, ce qui les rend plus vulnérables face aux vrais dangers.
Et en période de naissances, printemps et début d'été, on redouble de discrétion : c'est le moment où le dérangement pèse le plus lourd. Même chose la nuit dans les zones forestières ou protégées.
Limiter l’impact de vos déplacements, opter pour une mobilité douce jusqu'au sentier

En France, on a de la chance : pas besoin d'aller loin pour randonner. Les sentiers près de chez vous méritent souvent un vrai coup d'œil avant de regarder plus loin. Direction notre sélection des 8 itinéraires de randonnée coups de cœur pour trouver l'inspiration.
Envie d’un massif plus éloigné ? Le train reste l'option la plus simple. De nombreux sentiers démarrent à quelques minutes d'une gare TER. Dans certains massifs, des navettes ou bus de vallée prennent le relais pour rejoindre les points de départ plus reculés.
Si aucune de ces options ne dessert votre point de départ, le covoiturage reste une bonne alternative, à plusieurs plutôt que chacun sa voiture.
S'équiper sans se sur-équiper

On a toutes et tous déjà craqué pour un vêtement finalement porté une seule fois et oublié depuis au fond d'un placard. Pas besoin d'une garde-robe complète de randonneur pour une ou deux sorties par an.
Si l'achat s'impose vraiment, la seconde main fait très bien l'affaire : sac à dos, bâtons, veste imperméable. Et pour le neuf, quelques marques outdoor travaillent sérieusement leurs matières et leur fabrication. Des tenues éthiques, sans PFAS et en matières recyclées… là on dit oui.
Préserver lacs et rivières : crème solaire et toilette en rando, comment on gère

Se protéger du soleil reste indispensable en randonnée, surtout en altitude. Reste le choix de la crème. Les formules chimiques classiques se dissolvent dans l'eau et perturbent les milieux aquatiques. Un filtre minéral protège sans ces effets. Et idéalement, on attend 30 minutes après s’être tartiné avant la baignade.
Même vigilance pour la toilette. On ne se lave jamais directement dans l'eau. Le bon réflexe pour savoir comment se laver en randonnée sans polluer :
- On prélève l'eau dans un récipient, on s'éloigne d'une centaine de mètres, en aval.
- On choisit un savon écoresponsable (Marseille ou Alep, sans parfum ni colorant).
- On limite l'eau : mains et zones clés en priorité, un gant humide plutôt qu'un grand rinçage.
Vérifier deux ou trois choses avant de partir

Un dernier réflexe, et pas des moindres : se renseigner avant de partir. Certaines zones protégées imposent des restrictions temporaires, notamment au printemps et en début d'été, période de naissance pour une bonne partie de la faune de montagne. D'autres coins sont simplement plus agréables en dehors des week-ends et des pics de fréquentation estivale.
La Fédération Française de Randonnée propose sa propre charte du randonneur, un condensé utile des bons gestes à connaître avant de lacer ses chaussures.
Savoir comment et où bivouaquer en France avant de planter la tente

Même chose pour le bivouac, ça se prépare. Bonne nouvelle : tous les réflexes qu'on vient de voir s'appliquent aussi au bivouac. Reste un point spécifique à vérifier avant de partir : la réglementation, qui varie d'un territoire à l'autre.
En France, le bivouac est généralement toléré dans les parcs nationaux et régionaux, sous conditions précises. Par exemple, le bivouac dans le parc national des Pyrénées est autorisé entre 19h et 9h, à plus d'une heure de marche de tout accès routier, feu et cueillette interdits. De quoi donner envie de (re)découvrir nos plus belles randonnées dans les Pyrénées. D'autres parcs imposent une réservation en refuge ou limitent la pratique à l'été.
Avant de choisir où bivouaquer en France, un rapide coup d'œil au règlement du parc national concerné évite les mauvaises surprises.
Transformer sa rando en geste utile en devenant adepte du plogging

Le plogging, ça sonne comme un nouveau pas de danse, mais c'est en réalité la contraction du suédois "plocka upp" (ramasser) et de "jogging". En rando, on troque la course contre la marche, et le principe reste le même : on avance en récoltant les déchets croisés sur le sentier.
Pas besoin d'y consacrer toute la sortie : un petit sac dans la poche, un œil qui traîne un peu plus que d'habitude sur les bas-côtés, et le tour est joué. En famille ou entre amis, ça se transforme vite en petit jeu : 1 point le mégot, 3 points le mouchoir planqué sous une pierre, 10 points l'objet totalement improbable. On a déjà vu une chaussette dépareillée à 2000 m
Dix conseils, mais un seul état d'esprit : prendre soin des sentiers pour continuer à les arpenter longtemps. Pas besoin d'être un expert ni de tout retenir par cœur : quelques réflexes suffisent, et ils deviennent vite automatiques. Reste à choisir la prochaine destination. Quelque part entre forêt, montagne et grand air, voici quelques suggestions de séjours nature.




























