Histoire d'hébergeurs | Chez Raphaële et Guillaume, une maison de vacances devenue ferme provençale et maison d’hôte
Le village de Simiane-la-Rotonde disparaît dans le rétroviseur, la route se rétrécit et soudain on arrive en haut d'une colline entourée de champs de lavande, bordée par la forêt. Une fois arrivé. Silenciane est un coup de cœur bien caché qu’il faut savoir trouver. On vous emmène à la rencontre de Raphaële et Guillaume, qui ont fait de ce lieu leur maison et leur métier.
Une ferme de vacances qui attendait qu’on y reste vraiment
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C'est en 2009 que Raphaële et Guillaume acquièrent cette vieille ferme provençale rénovée sommairement dans les années 80. Au départ, c'est une maison de vacances. Elle, autrice de livres, originaire du Mans. Lui, cordiste de métier, lillois de naissance, habitué aux chantiers en hauteur et aux travaux difficiles. Pendant dix ans, ils y viennent régulièrement, avec les enfants, pour souffler.
C'est dans cette maison-là, justement, qu’ils ont découvert qu’on peut tout faire soi-même. Vraiment tout. Raphaële et Guillaume y ont beaucoup bricolé, beaucoup construit. Et quand les enfants sont partis, la question s'est posée naturellement : et si on franchissait vraiment le cap ?
En 2020, ils font le grand saut et s'installent à Simiane-la-Rotonde. Pour de bon. Dans un rêve d'autonomie énergétique et alimentaire. À croire que ce lieu avait déjà sa petite idée derrière la tête et attendait le bon moment, les bonnes personnes.
Lavande, forêt, silence : bienvenue à la limite entre la Provence et les Alpes
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Silenciane, c'est le nom qu'ils ont donné à leur écolieu. Un mot inventé qui tisse un lien entre le silence et Simiane. Leur village d’adoption est perché des Alpes-de-Haute-Provence entre Apt et Forcalquier. À la limite entre la Provence et les Alpes. Un entre-deux sauvage et néanmoins clément. Un paysage aride, parfumé, avec des vues qui portent à des centaines de kilomètres à la ronde.
La maison est posée en haut d'une colline, entourée de champs de lavande, bordée par la forêt. Le GR4 traverse le jardin. Il arrive que des marcheurs poussent directement le portail, sac au dos, les jambes ankylosées de “quelques” kilomètres. Ils ont choisi de marcher jusque là, et on les comprend.
Pour Raphaële et Guillaume, le plus beau ici, c'est le matin tôt. La maison est orientée vers le levant. Alors, aux premières heures du matin, on se lève pour admirer la mer de nuages dans la vallée en contrebas. On profite du silence. Et on observe le ciel qui change de couleur. On n'entend pas la route. On ne voit pas d'autres villages. Juste la nature à l’état brut et dans toute son immensité. Autant vous dire que les programmes très chargés ont tendance à tomber à l’eau au profit d’une déconnexion totale.
Pousser le portail de Silenciane et profiter de l’accueil

L'idée d'ouvrir la maison aux voyageurs ne s'est pas imposée d'emblée. Raphaële l'avoue volontiers, ouvrir sa maison, ça ne s’improvise pas sans une pointe d'appréhension . Et puis, l'été 2024 arrive, les premiers voyageurs et quelque chose se débloque. Le déclic !
L'accueil chez Raphaële et Guillaume ? On fait d'abord visiter les lieux. Puis on laisse les gens tranquilles. On observe, discrètement, ce dont ils ont besoin. Certains veulent échanger, d'autres veulent juste qu'on les laisse vaquer librement. Guillaume bricole dans son coin. Raphaële, elle, cuisine en fin de journée avec ce qu'elle a deviné de ses hôtes lors de la première rencontre. Une maman dont le fils n'aime pas les légumes, elle adapte le menu sans qu'on lui demande. Des marcheurs du GR4, épuisés et heureux, qui repartiront en disant que c'est la meilleure halte qu'ils aient connue.
Paille du voisin, chaux, cuivre : une rénovation locale et écoresponsable

Guillaume, ancien cordiste, a posé ses cordes. Il ne travaille plus en hauteur pour les autres, il travaille ici, pour eux. Maçonnerie, menuiserie, potager, les occupations ne manquent pas. Il avance au gré du chantier. La maison décide aussi parfois pour lui. Raphaële alterne entre l'ordinateur, l'atelier et la cuisine. Les mots et la matière. Elle a toujours été comme ça, tiraillée entre les plaisirs intellectuels et le goût du concret.
La rénovation se fait dans une logique d'écoconstruction. Les murs plein nord, ceux qui reçoivent le mistral de plein fouet, sont isolés par l'extérieur en paille de lavande. Celle du voisin, récoltée dans le champ d'à côté. Difficile de faire plus court comme circuit ! Une isolation thermique extérieure entièrement biosourcée, posée lors d’un chantier participatif. Les enduits sont à la chaux. Rien n'est acheté loin quand on peut faire autrement. Avec toujours en tête le fait d’être le moins impactant possible sur l’environnement.

Au cœur de la maison, un bassin intérieur invite à la détente. Une baignade à 35 degrés rendue possible grâce aux panneaux solaires thermiques. Sans chlore ni produit chimique, le bassin est alimenté uniquement par l'eau de pluie traitée par un vortex de cuivre. Un procédé naturellement bactéricide.
Pour Raphaële et Guillaume, l'écoconstruction n'est pas une contrainte. C'est une esthétique. Tout est pensé, soigné, choisi. L’idée ? Que les voyageurs se souviennent du décor autant que du séjour. Un bain de beauté, dit Raphaële.
Un potager conçu par Guillaume, une table portée par Raphaële

Le potager, c'est Guillaume qui l'a entièrement conçu. Les sols sont peu profonds ici. Il a fallu ruser. Les bacs surélevés prennent alors des allures de sculptures. L'été, les structures en bambou disparaissent sous les courges, les courgettes et les concombres. Chaque variété est cultivée avec soin. Pas d'engrais, jamais. Les déchets verts sont laissés sur place pour un sol vivant. Et, tout ce qui est récolté rejoint la cuisine dans la journée.
Car il y a une table d'hôte à Silenciane. Végétarienne, toujours. Raphaële cuisine de manière spontanée. Au gaz ou au feu de bois sur le vieux poêle bouilleur. Avec ce qu'elle a et ce qu'elle a cueilli. L'idée, c'est de montrer qu'une assiette végétarienne n'a rien d'une assiette triste ou privative. Que c'est joyeux, généreux, plein de saveurs. Et franchement, meilleur qu’on ne l’imaginait. Ceux qui hésitaient repartent souvent convaincus et peut-être même déçus de ne pas avoir testé plus tôt…
Silenciane, ça inspire. Vous partez quand ?
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Les gens repartent de Silenciane avec des questions qu'ils n'avaient pas en arrivant. Est-ce qu'on pourrait vivre à la campagne ? Est-ce qu'on pourrait se lancer dans des travaux comme ça ?
Raphaële et Guillaume ne cherchent pas à convaincre qui que ce soit. Ils vivent, ils construisent, ils accueillent. Et visiblement, ça suffit.
D'ici l'été 2026, deux nouvelles chambres ouvriront. Ils pensent aussi à des séjours en solo ou des résidences d'artistes, à des escales un peu plus longues pour ceux qui auraient besoin de temps.
Vous l’avez compris, on ne vous promet pas le wi-fi à gogo, mais la déconnexion totale. Et franchement ça fait du bien. Alors, vous partez quand à la rencontre de Raphaële et Guillaume ?















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